Le Fonds au profit des victimes et le Ministère de la Réconciliation et de la Cohésion Nationale de Côte d’Ivoire ont organisé deux cérémonies de réparation symbolique à Duékoué pendant les journées nationales de la Paix, du Pardon et du souvenir
Une vidéo au sujet des deux cérémonies est disponible à l’adresse suivante : www.youtube.com/watch?v=3WCsNUeDA9k
Duékoué, La Haye, 17 novembre 2022 - A l’occasion des journées nationales de la Paix, du Pardon et du souvenir, autour du thème « Se souvenir, se pardonner pour construire ensemble l’avenir » célébrées du 8 au 15 novembre en Côte d’Ivoire, le Fonds au profit des victimes (FPV) de la Cour pénale internationale (CPI) et le Ministère de la Réconciliation et de la Cohésion Nationale ont organisé deux cérémonies de réparation symbolique à Duékoué, ville située dans l’Ouest du Pays, pour reconnaître le préjudice des victimes des principaux crimes qui y ont été commis au long de la crise post-électorale de 2010-2011.
Au cours de ces cérémonies, M. Kouadio Konan Bertin, Ministre de la Réconciliation et de la Cohésion Nationale, a inauguré un point d’eau dans la mosquée Meïté du quartier Kokoman et posé la première pierre de deux salles de classe du groupe scolaire du quartier Carrefour, qui seront réhabilitées après avoir été détruites pendant la crise.
« Ces réparations communautaires constituent un geste important en ce qu’elles reconnaissent les souffrances endurées par l’ensemble des deux communautés et soulagent grâce à deux symboles forts : l’eau, qui est un élément vital et qui occupe une place particulière dans la religion musulmane, et l’éducation, qui est la condition d’un avenir meilleur. Par ces deux cérémonies solennelles, j’ai tenu à signifier aux communautés de Duékoué que le gouvernement de Côte d’Ivoire était à leurs côtés et honorait la mémoire des victimes de mars 2011 », a déclaré M. Kouadio Konan Bertin, Ministre de la Réconciliation et de la Cohésion Nationale.
Photo: M. Kouadio Konan Bertin, Ministre de la Réconciliation et Cohésion Nationale à l’inauguration du point d’eau de la Mosquée Meïté à Duékoué, le 14 novembre 2022.
La ville de Duékoué a été l’une des localités les plus durement touchées par la crise post-électorale. Selon les rapports de la Commission nationale d’enquête et de la mission des Nations Unies alors déployée en Côte d’Ivoire, deux événements y ont particulièrement frappé la conscience nationale et internationale : le 28 mars 2011, l’Imam de la mosquée Meïté et son tuteur étaient assassinés, marquant profondément, au-delà de leurs familles, l’ensemble des habitants du quartier Kokoman, majoritairement issus de la communauté malinké; du 29 au 31 mars, au moins 300 civils étaient tués à proximité ou dans le quartier Carrefour, majoritairement habité par la communauté guéré. Outre le préjudice subi par les victimes, ces crimes ont eu de lourdes conséquences dans la cohésion sociale et au sein de ces communautés.
« Tenter de réparer le préjudice des victimes de Duékoué revient à tenter de réparer l’irréparable. Ni l’école du quartier Carrefour, ni le point d’eau du quartier Kokoman ne peuvent évidemment remettre les victimes et les communautés dans la situation où elles se trouvaient avant les crimes qu’elles ont subi. Et pourtant, quelque chose devait être fait pour répondre à leur demande de voir leurs souffrances reconnues officiellement. 11 ans après les crimes, c’est chose faite. Au-delà de la reconnaissance, ces mesures symboliques contribuent également, dans l’esprit du Statut de Rome, à la consolidation de la paix : aujourd’hui, à l’occasion de la cérémonie, certaines victimes ont remis les pieds pour la première fois dans un quartier qu’elles ont longtemps considéré comme hostile. En cette journée nationale de la paix, du pardon et du souvenir, c’est un signal aussi fort qu’encourageant », a déclaré Aude Le Goff, représentante du Fonds au profit des victimes en Côte d’Ivoire.
Photo: Dévoilement de la plaque commémorative à la mosquée Meïté à Duékoué, lors de l'inauguration du point d'eau
Pour mener ces mesures de réparations, le Fonds au profit des victimes collabore avec l’Association des volontaires du service international (AVSI), qui a conduit, depuis 2021, un important travail de consultation auprès des victimes et des communautés concernées.
« Ce sont les communautés elles-mêmes qui ont choisi ces réparations symboliques. C’était la condition pour que ces actions aient une véritable valeur réparatrice en lien avec le préjudice qu’elles ont subi. Ce processus participatif requiert du temps et doit garantir que toutes les victimes puissent faire entendre leur voix. La satisfaction exprimée par de nombreuses victimes aujourd’hui, en présence des autorités nationales et locales, nous indique la voie à suivre », a déclaré Lassine Bamba, Directeur d’AVSI en Côte d’Ivoire.
Photo: pose de la première pierre pour la reconstruction de deux salles de classe du Groupe Scolaire Carrefour à Duékoué
À Duékoué, le Fonds et son partenaire AVSI accompagnent également 250 victimes avec des mesures de réhabilitation physique, psychologique et de support matériel pour répondre aux séquelles persistantes.
En Côte d’Ivoire, le programme d’assistance du Fonds au profit des victimes répond, en complémentarité avec le programme du Gouvernement de Côte d’Ivoire, au préjudice des victimes de quinze incidents graves et emblématiques survenus entre 2002 et 2011. Pour ce faire, il collabore avec ses partenaires de mise en oeuvre Fondation AVSI, Développement Rural et Agricole à l’Ouest –Lutte contre la Faim (DRAO) et Réseau ouest-africain pour la consolidation de la paix (WANEP) et s’appuie sur un comité consultatif composé de dix organisations de victimes et de la société civile ivoirienne.
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Aude Le Goff : aude.legoff@icc-cpi.int ; +225 07 68 76 14 95
Antonin Rabecq : antonin.rabecq@ic-cpi.int; +225 07 07 83 91 56
À La Haye :
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